Ulysses

Ulysses est un itinéraire d’Art Contemporain, conçu par le FRAC dans le cadre de Marseille-Provence 2013, Capitale Européenne de la Culture.

3 escales cinéma ont eu lieu : L’Odyssée du cinéma grec (mars 2013), Wang Bing (mai-juin 2013), et Frederick Wiseman ou l’art du récit documentaire, en sa présence (novembre-décembre 2013).

Tilt a programmé et coordonné ces escales cinéma, en collaboration avec L’institut de l’image à Aix-en-Provence, le cinéma Renoir et la Cinémathèque Prosper Gnidzaz à Martigues, l’université d’Aix-Marseille, UFR ALLSH, pôle Lettres et Arts, secteur cinéma du département Arts, Le Centre Culturel Jésuite de La Baume-lès-Aix, le Vidéodrome à Marseille, Zipporah Films Inc, Doc & Films.

Novembre : Frederick Wiseman ou l’art du récit documentaire

Frederick Wiseman est né le 1er janvier 1930, à Boston, Massachussetts. Chacun des 39 films documentaires qu’il a réalisés à ce jour applique la même méthode de cinéma direct rigoureux : quatre à six semaines de tournage sur les lieux, pas de commentaire ni d’interviews ni de musique ajoutée, six à dix mois de montage à partir des 60 à 100 heures de rushes pour des films d’une durée de 90 minutes à 6 heures, plongeant le spectateur dans les jeux de rôles qui caractérisent la société occidentale contemporaine.

Dates

Du 20 novembre au 6 Décembre 2013
En la présence de Frederick Wiseman les 29 et 30 novembre.

Lieux

à l’Institut de l’Image - Aix-en-Provence
au Cinéma Jean Renoir
à la Cinémathèque Gnidzaz
à la Médiathèque Louis Aragon - Martigues
au Centre Culturel Jésuite de La Baume-lès-Aix - Aix-en-Provence

Films de Frederick wiseman projetés :

Titicut Follies - 1967, 84’
High School 1 - 1968, 75’
Basic Training - 1971, 89’
Essene - 1972, 86’
Juvenile Court - 1973, 144’
Law and Order - 1969, 81’
Primate - 1974, 105’
Model - 1980, 129’
The Store - 1983, 118’
Central Park - 1989, 176’
Near Death - 1989, 358’
Zoo - 1992, 129’
Public Housing - 1997, 195’
Belfast, Maine - 1999, 240’
La Danse, le ballet de l’Opéra de Paris - 2009, 158’
Boxing Gym - 2010, 91’
Crazy Horse - 2012, 128’
At Berkeley - 2013, 244’

Complément de programme :

Wiseman Usa de Michel Gayraud
52’, couleur, documentaire


Mars : Théo Angelopoulos et l’odyssée du cinéma grec

Né en 1935 à Athènes, Theodoros Angelopoulos émigre à Paris en 1961 et intègre l’Institut Des Hautes Études Cinématographiques l’année suivante. C’est dans ce Paris cinéphile des années 60, dans l’effervescence de la nouvelle vague française, du cinema nuovo brésilien, du jeune cinéma tchèque, mais aussi dans la lignée de Bergman, Antonioni et Buñuel, que son regard de réalisateur se forge.

Engagé et non conformiste, Theo Angelopoulos se pose dès ses débuts comme un réalisateur à contre-courant. Son déni des règles narratives traditionnelles, conjugué à de fortes convictions politiques font de lui un cinéaste essentiel dans la recherche de formes au service d’une réflexion très structurée. Maintes fois primé dans les Festivals internationaux, il a reçu un Grand Prix à Cannes pour Le Regard d’Ulysse et une Palme d’or en 1998 pour L’Eternité et un jour.

Angelopoulos est décédé le 24 Janvier 2012, alors qu’il tournait le film L’Autre Mer, triste constat du délabrement d’une Grèce en crise, à Athènes. Le premier anniversaire de sa disparition est donc l’occasion de lui rendre hommage, mais aussi de se pencher sur la relève, et notamment la weird wave grecque et ses cinéastes peu aidés mais résolus : Athina Rachel Tsangari, Yorgos Lanthimos.. et d’autres.


Mai : Wang Bing, cinéaste en résistance

Né en 1967 en Chine, formé à la photographie, Wang Bing se fait connaitre en 2003 avec son premier long métrage, A l’Ouest des rails. Durant plus d’un an d’immersion dans un quartier industriel de Shenyang, le cinéaste enregistre la lente agonie d’un quartier soumis à l’effondrement d’un système. Ce film, primé à plusieurs reprises dans les festivals internationaux, marque le début de l’œuvre de Wang Bing : un cinéma dont la forme brute donne toute son ampleur à un réel souvent escamoté.
En documentaire (Fenming, Chronique d’une femme chinoise (2008), L’homme sans nom (2010), Three Sisters (2012)) comme en fiction (Le Fossé (2011)), la volonté de dépeindre la Chine en transition, ses usines, ses camps, ses secrets et ses laissés pour compte, est transversale à l’œuvre de Wang Bing.
Bien que reconnu et diffusé à l’international, son cinéma reste clandestin en Chine : à chaque tournage, il est contraint à diverses manœuvres pour contourner la censure.


Prolongements : édition d’un livre sur Wang Bing

En 2013 (édition française) puis en 2014 (édition en anglais), suite à la venue du cinéaste Wang Bing, l’ouvrage Wang Bing, un cinéaste en Chine aujourd’hui a été édité par les Presses Universitaires de Provence, avec le concours de Tilt et de la Région PACA.

Le cinéaste est venu en 2014 à l’Institut de l’Image pour présenter l’ouvrage et son film Les Trois Soeurs du Yunnan.